À Édward Maunick, poète mauricien majeur

Une île. Toute seule, toute perdue.
Tourbillonne. Sur l’océan.

Une île. À distance de tout.

Une divorcée des continents.

Comme un rafiot. Cherche sa voie…

Une île. Qui cherche sa voix.
Bousculée par mille parfums.
Basculée par mille refrains.

Une île. Recrue de lutter.

Une île. Recrue de flotter.
Simple grain. Sur l’énorme mer.
Un grain d’île. Sur l’océan féroces mâchoires. Qui se referment.

Une île de tous les tourments.
Frappée. Ballottée. Obscurcie.
Tuée. Par les voix étouffées.

Une île. Emplie des grincements des esprits naufragés, éteints.

Une île. Etourdie et giflée. De solitude et d’ouragans.

Une île. Qui me fait pleurer. Qui m’appelle.
Indéfiniment.
De sa douceur, de sa folie. De ses nostalgies sans objets.

Une île. Coquille de noix.

D’où tout part. Et où tout revient.

Une île. Soumise et marronne.
Sage. Obscurément tourmentée.

Une île. Happée par l’océan.
Et régurgitée par lui.

Une île. Bloquée. À la marge. Qui ne prend jamais vraiment parti.

Une île. À qui je dois mes mots.
Et ma quête désespérée.
Et ma recherche écartelée. Dans toutes les directions.

Une île. À qui je dois l’amour
que j’ai
pour toute part du monde.

 Barkevious Mingo Jersey