C’est d’un air détaché qu’il se promène nu
De l’enclos de sa cage il montre à l’assistance
Aux gardiens, aux passants et aux codétenus
Sa forme matinale avec quelqu’ insistances
Et pour lever les dout’ sur sa virilité
L’animal entreprend d’honorer sa femelle
Sans se soucier du tout de la curiosité
Que peut bien déclencher sa joute corporelle.

Allez donc voir le singe
S’exhibant sur la scène
Ne portant aucun linge
Au zoo de Vincennes.

C’est chaque mercredi en sortant du caté
Des fillettes s’en vienne’ lorgner dedans la cage
Pour savoir de la vie toute la vérité
Prudence élémentair’ pour monter un ménage.
Certaines pourront dir’ d’ici quelques années
À leur mari faisant bien peu reluir’ leurs fesses :
« Ah si j’étais guenon je serais lutinée
Par un mâle sachant accomplir des prouesses?!?»

Allez donc voir le singe
S’exhibant sur la scène
Ne portant aucun linge
Au zoo de Vincennes.

Le vieux monsieur s’en vient voir au bord de la fosse
Les singes s’accouplant aux guenons débonnaires
Sans qu’aucun d’eux jamais ne joue les gâte?sauces
Par le fait que chacun change de partenaire.
Et le quidam se dit : « le singe est bienheureux
De varier ses repas en changeant de crémière
Car pour moi le menu n’est guère plantureux
Je brout’?depuis trente ans la même
jardinière.?»

Allez donc voir le singe
S’exhibant sur la scène
Ne portant aucun linge
Au zoo de Vincennes.

Les ménagères aussi n’hésit’ pas à venir
Contempler du primat’ l’énergie naturelle
Ce qui pour ell’ n’est plus qu’un vague souvenir
Du temps où elles pouvaient jouer au Polichinelle.
Voici venu pour elles les moments de remords
De n’avoir pas gratté tout’ leurs démangeaisons
Et penser en voyant du sing’ le bas du corps :
« Si seulement j’avais la même à la maison?!?»

Allez donc voir le singe
S’exhibant sur la scène
Ne portant aucun linge
Au zoo de Vincennes.

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