Le matin m’attend tout ouvert
échancrure aux sauts déliés
déchirure dans le tissu
d’espace flou et moutonnant.
Le matin tinte, je m’en vais,
j’écarte avec lui les sillons,
les masses de nuages gourds,
encombrants qui larmoient,
l’encadrent.
Il progresse de bond en bond
tel un gamin sifflotant près des haies,
se rassasiant d’air
et d’insouciance sans poids?;
il prend d’assaut, soudain, le ciel,
fait carillonner le pavé,
prend pour xylophones routes et
chemins, qu’il bombarde de notes.
Je m’engouffre dans le matin
et lui s’engouffre dans le bleu,
le bleu nomade presque blanc
qui poursuit son œuvre,
décharne.

Le matin m’attend
souffle inné
brûlure qui ploie mes poumons,
souffle, certes… souffle,
d’abord cicatrice
où je me faufile.

 Daryl Worley Jersey