Trois minutes qui s’écoulent comme des larmes de suie
Des minutes où défilent mes merveilleux rêves d’antan
Trois minutes inexorables de stupeurs glacées, d’ironie
À attendre la dame blanche en épluchant mon noir brelan.

Je vois défiler ma vie telle un jeu d’ombres chinoises
Et tous ces comédiens adustes aux hydrolats cataractants
Me donnent des frissons, des regrets, des envies sournoises,
Des remords d’à?peu?près, d’insoutenables relents.

Je descends dans ce gouffre où l’oubli est ma paix sûre
Où je redeviendrai môle, atome, déliquescence obscure
Je relève ton affront, Vie, car je t’abhorre.

Je retourne aux vastes tréfonds des cloaques cosmiques
Où orbitent des chimères et des miasmes antiques
Je garde ton baiser, Vie, car je t’adore.

 Jeremy Vujnovich Authentic Jersey