Dans le lait de l’hiver
les arbres font penser
à des poulpes flottants
renversés
vers le ciel,
de gros poulpes tout gris,
d’un gris triste et cendreux,
des poulpes bardés de
musculeux renflements,
de boursouflures et tentacules
tordus
comme en une grimace d’appel au secours.

Dans le lait de l’hiver
les arbres sont perdus,
ils vous fixent de leurs trous creux, noirs, tourmentés
pareils à des yeux crevés, des bouches qui crient
poulpes, arbres…ou masques d’hébétude qu’a figés
l’espace dénudé, nettoyé par le froid
qui se moque bien, superbement, quant à lui
de leur ronde des fous
aux contorsions cireuses.

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