Je connais un sanctuaire encerclé de récifs
Où la mer est profonde et les courants rétifs
Je veux qu’après ma mort on aille là?bas répandre,
Dans une aurore divine, le reste de mes cendres…

Car ainsi dispersée, livrée aux quatre vents
Mon âme ira se fondre à l’ocre du levant
Et je vivrai encore. Juste assez pour conduire
Vers ceux que j’ai aimé mon tout dernier soupir

Et je serai partout où vous voulez me voir,
Dans le sourire d’un autre, dans l’éclat d’un miroir,
Dans une pluie d’automne, dans une nuit d’été
Partout où votre cœur voudra m’imaginer…

Toujours, à chaque instant, malgré l’oubli, cruel,
Dans la nuit qui viendra, je serai l’étincelle.
Ce petit souvenir. Ce léger abandon.
À la fraîcheur du soir, ce surprenant frisson…

Je vous regarderai rire et vivre sans moi
Et suivrai d’un œil tendre le moindre de vos pas.
Oui, je vivrai encore. Ne pleurez pas, surtout.
Et ne dîtes à personne que j’ai besoin de vous…

 John Kuhn Jersey