Brusque réveil :
seule…
la nuit
l’hébétude de découvrir
la profondeur du vide noir,
la concavité du
silence.

Brusque réveil :
zut?! C’est la nuit
la nuit à perte de vue
qui vogue
autour de votre corps
la nuit vide creux, qui appuie
néanmoins sur votre sternum.

La nuit déconnectée du temps
qui flotte et que l’on sent reliée
à l’infini des étendues,
au mutisme
de l’univers.

La nuit
qui va sa propre vie
sans se soucier de ce paquet
de chair solitaire et perdue
isolée
au fond de son lit.
Brusque réveil :
la sensation
nauséeuse de dériver
seule, le face à face aigu
avec sa propre nudité,
avec les limites
d’un corps,
d’une chair
rongée par le temps,
ignorée par l’immensité,
désertée par toute chaleur.

Brusque réveil :
rien
la nuit
le froid lové à l’intérieur
pareil à un serpent glacé
qui creuse, fore le thorax,
le froid
également partout
accouplé à l’espace noir,
inhérent au néant qui dort
tandis que la conscience
crie?!

 Michael Johnson Jersey