Auteur : Myriam

Le poète assoupi

Ses yeux effleurent de merveilleux paysages Ils épousent les méandre des fleuves et les pics des montagnes L’or luit dans le ciel comme le désir qui consume Des sommets escarpés aux abysses les plus profondes Son cœur se ballade affamé Il a goûté à l’argent et à l’alcool Il a été riche avant de respirer Et pauvre par méconnaissance Une flamme brûle en lui Celle d’une faim intense Il est le poète assoupi qui vient de se réveiller… Le tison rallumé par le vent…  DJ Chark Womens...

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Les réverbères

Les réverbères étendaient l’ombre des arbres sur le chemin rectiligne qui s’étirait loin devant moi. La brume se teintait de rose orangé et sur le sol gelé, mes pas sonnaient telles les lamelles d’un xylophone dans le silence de l’hiver. Des bancs vides, quelques passants, le béton, les feuilles et les haies?; tout semblait mort, endormi?figé dans le temps et dans le froid. À chaque battement de mon cœur je sentais la mort gagner du terrain. À 27 ans… Isaiah Wynn...

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Les bâtiments industriels de Seraing

Carreaux brisés, éclats de peinture, poutrelles rouillés, trous dans la toiture… Tout ici compte son histoire. Mon esprit s’y immisce, lentement mon regard s’y glisse?; au travers des failles, parmi ruines et couloirs habités par des railles… Odeurs de moisissures, humidité, couvertures ornées de tonsures, débris de verres sur le planché… Sous l’épaisse couche de poussière sommeille le passé. Elles dorment, leur ronron s’est un jour tu?; des torchères l’écho, des chaînes le claquement… Tous ici ne respire plus le présent. Dans les bâtiments industriels de Seraing.  Roger Lewis...

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Le train

Je regarde défiler à ma droite, un paysage qui se décline en d’innombrables nuances de gris et de blancs. Des pans blanchis par la neige, des nuages bas qui se détachent de l’azur?; au fond du brouillard, des arbres hachurent l’horizon. Le soleil, timide, culmine dans le ciel, parant ainsi d’or la lumière blanche qui se réverbère sur l’océan de neige. Une lumière poudreuse, qui perse à travers la laine de mon manteau. Je suis assise parmi les passagers, la pointe de mon stylo griffant la cellulose colorée d’un papier journal emporté quelques minutes auparavant à la gare. Face à moi, un couple effeuille le « Metro?»?; à gauche, une jeune femme se délecte un ragoût d’mp3. J’écris, j’écris sans cesse. La route est luisante, la neige souligne les sillons gravés par les roues des tracteurs, et le passé, le passé… s’effiloche dans notre sillage. Le soleil luit dans le ciel.  Kentavius Street Womens...

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Le violoniste

Sur un quai de gare, un vieux monsieur regarde passer un train. Il porte un chapeau et son visage a été labouré par le temps. Je tente de lui voler une photo. Il se retourne. Il m’a vu… Il me montre son violon « Muzica?», puis m’invite à m’assoir. Un air tzigane sourd de l’instrument. L’archet fouette, les doigts bondissent, glissent?; caressent les cordes avec douceur, avec violence. Les passants intrigués nous regardent. Je n’y prête guère grand attention. Le temps semble suspendu à son violon. Il est heureux. On échange quelques mots. Il me dit qu’il est roumain, il me parle de ses enfants. Le train entre en gare. Il m’invite à le suivre, me confie son caisson à violon et s’en va faire la quête. Les passagers nous regardent. Il recueille les pièces dans son chapeau. Il refuse que je lui en donne une. Ma journée avait été pénible et pauvre à tous points de vue, j’étais épuisée, mais ces quelques notes empreintes de beauté, esquissées sur un quai de gare un jour de septembre 2006…  Brandon Bolden Authentic...

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