Mois : août 2016

L’Autre et le Néant

Je suis celui par qui le Nombre s’exprime Indolent chasseur de l’étonnement suprême De la lumière diffuse qu’éclaire l’anathème Dont les sylphes saluèrent jadis l’amour intime. Je suis celui qui dérobe les améthystes À l’indicible oubli de leurs châsses Les fais renaître en délicats kystes Tels des Golems peuplant ces terres basses. Je suis celui qui garde les Bibliothèques, Ses labyrinthes blêmes où rutilent les débris Des âmes errantes d’aphones anachorètes Illustres spectres aveugles à jamais bannis. Je suis celui qui piéça déclara la guerre À l’insolente et prude besterie humaine Dont l’acabit majeur est de semer la graine D’ignobles vermines rampant sur cette terre. Je suis celui qui arbore les noirs blasons De la déliquescence ultime des splendeurs Qu’exhalent les acides infusant les cœurs De ceux dont le destin est toujours en amont.  Kolton Miller Authentic...

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Incandescence

Incandescence. Marque indélébilement mon derme de ta fièvre Rougeoie et vibre, cautérise mes essences Photoéléctrise?moi, libère mes atomes Effleure mes abîmes où se perd la mémoire De ton innocence. Incandescence. Montre?moi la voie, trace le sillon cunéiforme Sois entéléchie ardente, gestation lavescente Combustible inextinguible de ma conscience De ma présence, de la gliale reconstitution De mon existence. Incandescence. Sublime ces terres lasses, ces noirs marécages Aseptise les plaies avides et fumantes de ces spectres. Et quand tout sera fini Laisse?moi flotter sur les ondes de ton Léthé Rejoindre l’estuaire de mon silence.  Aqib Talib...

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Dead Man Walking

Trois minutes qui s’écoulent comme des larmes de suie Des minutes où défilent mes merveilleux rêves d’antan Trois minutes inexorables de stupeurs glacées, d’ironie À attendre la dame blanche en épluchant mon noir brelan. Je vois défiler ma vie telle un jeu d’ombres chinoises Et tous ces comédiens adustes aux hydrolats cataractants Me donnent des frissons, des regrets, des envies sournoises, Des remords d’à?peu?près, d’insoutenables relents. Je descends dans ce gouffre où l’oubli est ma paix sûre Où je redeviendrai môle, atome, déliquescence obscure Je relève ton affront, Vie, car je t’abhorre. Je retourne aux vastes tréfonds des cloaques cosmiques Où orbitent des chimères et des miasmes antiques Je garde ton baiser, Vie, car je t’adore.  Jeremy Vujnovich Authentic...

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Black Holes in the Sky

— Papa, regarde, un fou?! — On ne dit pas fou, on dit malade mental. — Comment qu’on fait pour le guérir, un malade mental?? — En parlant. — Et s’il veut pas parler?? — Alors, il est foutu. … C’est vrai que tu étais le fou du quartier J’admirais secrètement ta pure liberté Même si je craignais ta figure de guerrier Carnassier. C’est vrai que tu hantais mes nuits d’enfant Mes jeux insolents de guerres, invasions Cavant des tranchées à ton pas errant Mourant. À ta longue crinière pendaient des poux Tes griffes cornées, ta bouche évidée Tes escarres pourpres, tes yeux roux Dissous. Ta maison éventrée en perpétuel qui?vive Charnier jonché de débris, noire désolation Refuge maternel de tes longues récidives Dérives. Carnassier, mourant, dissous, Dérives. Quand es?tu allé sur l’autre rive?? Sur ton royaume errant, ton manoir éclatant Ton vaste domaine de cristal et d’or Ses hautes tours De larmes d’horreur. Ton père gisant dans tes bras d’enfant. Mourant.  Jay Prosch Womens...

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Ambres vapeurs

Comme j’aime l’éclat élégant de tes moûts Me perdre dans l’abîme de tes sucs acescents?; Sibyllines primeurs qui viennent à bout Des âpres clameurs de mes piètres sarments. J’aime à te mirer de longues caudalies Effleurer le vertige de tes tanniques velours Ni le bras séculier, ni féroces ordalies Viendraient à bout de nos tendres amours. Dors, chère amie, parée de tes bondes Douce soit ta nuit et ta remontée féconde Dans tes chastes muids, sous les frustes ombres. J’irai t’éveiller un matin de pénombre De mon salmanazar altier je t’encombre De ta robe purpurine mon âme s’inonde.  Durham Smythe Authentic...

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