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Il y a parfois du sable dans mes pensées lorsque les mots que je porte s’enfuient vers une terre inconnue
à l’intérieur de mon corps, lorsque je me dépouille de
ma langue maternelle pour la répandre toujours plus à l’Est.
Une ville inconnue
‑ où je repose déjà ‑ m’accueillera enfin
entre Moscou et Kiev lorsqu’il sera trop tard pour prononcer son nom.
J’oublierai le mien
enfin.
J’inclinerai délicatement la tête et le sable se répandra sur le
sol tout simplement.
Denis ÉMORINE
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